Comment calculer le prix d’un livre ?

Comment calculer le prix d’un livre ?

Vous êtes l’auteur d’une œuvre philosophique révolutionnaire, d’une autobiographie étonnante, d’un thriller passionnant, d’une histoire d’amour enivrante ou d’un recueil de poèmes exaltant. Vous êtes parvenu au bout de votre projet littéraire après des mois, voire des années de travail. Les maisons d’éditions à compte d’éditeur n’ont pas pris soin de considérer votre ouvrage – normal vu la quantité de manuscrits qu’ils reçoivent – vous avez donc opté pour autoédition. Avant de vous lancer à corps perdu dans la publication et la promotion, prenez le temps de fixer le bon prix de vente du livre. Ça peut paraître idiot, dit comme ça, mais choisir un juste prix peut favoriser son succès et vous éviter des déconvenues. C’est une étape essentielle de votre projet. Voici notre technique pour savoir comment calculer le prix d’un livre.

Comment se décompose le prix d’un livre ?*

Pour savoir comment calculer le prix d’un livre autoédité, il faut dans un premier temps prendre de la hauteur, ce qui signifie, essayer de comprendre comment se décompose le prix d’un livre dans un circuit de commercialisation traditionnel.

En France, même si les sources diffèrent légèrement, le prix d’un livre se décompose globalement ainsi, lorsqu’il est publié par un éditeur à compte d’éditeur via un libraire physique ou en ligne.

Composition prix de vente d'un livre en France

Par exemple, un livre commercialisé 20 € TTC se décompose ainsi :

  • TVA : 1,1 €
  • Auteur : 1,9 €
  • Imprimeur : 2 €
  • Éditeur : 4 €
  • Distributeur / diffuseur : 5 €
  • Libraire : 6 €

Comme vous pouvez le constater, les intermédiaires prennent une grosse part du gâteau. C’est injuste ? Non, c’est ainsi. Il faut faire avec ou arrêter de vouloir être publié. En passant par un éditeur à compte d’éditeur, les dividendes de l’auteur sont faibles, alors que celle de l’éditeur sont plus élevées. Rien d’anormal à cela puisque l’éditeur prend l’intégralité des risques financiers au démarrage du projet. L’avantage pour l’auteur : plus l’éditeur est gros, plus les ventes seront potentiellement élevées, ce qui peut vite compenser.

Mais ce scénario ne vous concerne pas puisque vous souhaitez vous autoéditer. Dans le cas de l’autoédition, la décomposition du prix de vente est relativement différente. Prenons le cas d’un livre autoédité via youStory par exemple.

Composition prix de vente d'un livre youstory

Un livre commercialisé 20 € TTC avec youStory se décompose ainsi :

  • TVA : 1,1 €
  • Éditeur : 1,9 €
  • Auteur : 4 €
  • Libraire : 6 €
  • Distributeur / imprimeur : 7 €

Dans ce cas de figure, l’auteur prend une plus grosse part de gâteau que l’éditeur. Pourquoi ces deux valeurs s’inversent-elle ? Parce que l’auteur participe au risque financier lié à la création, à la publication et à la promotion de son livre, dès le démarrage du projet. Il est logique qu’il touche plus de dividendes en compensation.

Evidemment, si vous vendez un livre sur votre propre site, exit les frais de libraire qui atterrissent directement dans votre poche (vous toucherez ainsi 50 % des dividendes).

En outre, les frais d’impression augmentent puisqu’il s’agit d’impression à la demande. En effet, l’impression de milliers d’exemplaires d’un livre, accessible uniquement avec les plus grands éditeurs à compte d’éditeur, permet de réduire les coûts d’impression qui sont dégressifs. À la demande, le tarif fixe des impressions est plus élevé en comparaison, à moins de commander une grosse quantité en une seule fois. Il faut nécessairement le répercuter sur le prix pour rester rentable.

Comment calculer le prix minimum d’un livre ?

Maintenant que vous y voyez plus clair sur la composition du prix d’un livre, en fonction des intermédiaires impliqués dans le processus de création, de publication et de promotion, vous allez pouvoir calculer un prix de vente minimum.

Pour ce faire, exit le hasard ou l’instinct, il faut observer le marché, rester les pieds sur terre et prendre votre calculatrice pour répondre aux questions suivantes :

  1. Combien vous a coûté la création du livre (création des couvertures, corrections des textes, mise en page du livre…) ?
  2. Combien vous coûtera la publication du livre (frais de colisage, d’expédition et de commission du distributeur, frais de fonctionnement de la maison d’autoédition) ?
  3. Combien d’exemplaires du livre comptez-vous imprimer ?
  4. Combien coûte un livre broché similaire en librairie (selon le genre, la renommée de l’auteur et le nombre de pages de l’ouvrage) ?
  5. Combien coûte un livre numérique similaire sur Internet ?

Lorsque vous avez rassemblé ces informations, recomposez le prix de vente de votre livre en fonction du nombre d’exemplaires que vous pensez écouler :

  • Coût d’impression
  • Coût distributeur
  • Coût éditeur
  • Droits d’auteur (ne soyez pas trop gourmands, même si vous avez engagé beaucoup d’argent dans la création du livre)
  • TVA (cette taxe est réduite à 5,5 % dans le monde de l’édition, et descend à 2,1 % en Corse, Guadeloupe, Martinique et à la Réunion).

Additionnées, tous ces composantes doivent vous donner un seuil de rentabilité, c’est-à-dire un prix de livre en-dessous duquel vous perdrez de l’argent et ça, c’est strictement interdit par la loi. Faites bien attention à ne pas choisir un prix trop faible. Libre à vous de fixer un prix approprié, sans perdre d’argent.

Pour le prix d’un livre numérique, la donne est relativement différente puisque les coûts d’impression disparaissent. Vous êtes libres de choisir un prix, sans risque de pertes d’argent.

Comment fixer le juste prix d’un livre ?

Un mot d’ordre pour fixer le juste prix d’un livre : rester cohérent.

En effet, vous ne pouvez pas vendre un roman de 200 pages à 50 € lorsque la majorité des acteurs du marché vendent un roman de cette taille entre 14 € et 20 €, les livres de poche étant souvent proposés à moins de 10 €. Un prix trop élevé signerait l’arrêt de mort de votre livre, qu’il soit broché ou numérique. Pour le consommateur, le prix est un frein à l’achat, ne l’oubliez pas. Si votre livre est trop cher, personne n’en voudra, à moins de publier un livre hautement spécialisé et rare sur le marché, ce qui justifierait son coût auprès des connaisseurs.

Vous me voyez venir : si le prix de votre livre broché est trop bas, vous perdrez de l’argent et c’est illégal. Si le prix de votre livre est trop élevé, votre livre ne rencontrera pas le succès espéré, car hors de portée des lecteurs.

Pour les livres numériques, l’équation est une fois de plus différente : si le prix de votre livre est trop bas, vous ne perdrez pas d’argent mais de la crédibilité. Pour les lecteurs, un eBook commercialisé à 0,99 € est signe de médiocrité. À tort ou à raison, mais c’est un fait. Privilégiez un prix de vente entre 3,49 € et 4,99 € pour rester crédible et gagner votre vie.

Pourquoi ces décimales me direz-vous ? Simplement parce que les prix en ,49 ou ,99 sont une norme imposée par les distributeurs et libraires. Personne ne peut y déroger.

Pour un livre broché, cette norme ne s’impose pas mais la notion de prix psychologique compte également beaucoup : mieux vaut fixer un prix de vente à 9 € plutôt qu’à 10 € et à 19 € plutôt qu’à 20 €.

Attention : le prix d’un livre doit être identique partout, quel que soit le canal de commercialisation. Seule une remise de 5 % maximum est acceptée sur le prix public d’un livre (un libraire peut faire une promotion entre 1 et 5 % en somme).

Comment toucher plus d’argent sur le prix de vente d’un livre ?

Si vous souhaitez gagner plus d’argent sur la vente de vos livres, et donc optimiser votre retour sur investissement, deux choix s’offrent à vous : fixer un prix de vente plus élevé ou supprimer des intermédiaires.

On l’a vu précédemment, un prix de vente de livre trop élevé est un frein à l’achat, oubliez cette idée. Il vous reste donc à supprimer des intermédiaires :

  • Le libraire : conséquence, vous vendez votre livre sur votre propre site web.
  • Le distributeur : conséquence, vous vendez uniquement votre livre sur votre site web.
  • L’autoéditeur : conséquence, vous vous chargez de tout, sans l’aide de personne.

En supprimant tous ces intermédiaires, vous toucherez 94,5 % des dividendes, la TVA ne pouvant être soustraites. Revers de la médaille, vous vendrez beaucoup moins d’exemplaires de votre livre puisqu’il ne sera commercialisé chez aucun libraire physique (commerce, enseigne, supermarché, …) et en ligne (Amazon, Fnac, Decitre, Chapitre, …). À moins d’optimiser à 300 % le référencement naturel de votre site web ou de créer des campagnes GoogleAd, Facebook ou Linkedin, votre livre restera confidentiel, tout comme ses ventes. Il faudra alors choisir de nouveaux intermédiaires et accepter une fois pour toute de couper la part du gâteau.

Alors vous préférez toucher 94,5 % de 50 livres vendus ou 20 % de 500 exemplaires écoulés partout dans le monde ? Pour un livre vendu 20 €, le premier scénario vous rapporterait 945 € quand le second vous ferait gagner 2000 €. Libre à vous de choisir.

*Ces données constituent des moyennes françaises constatées sur Internet et n’ont aucune valeur contractuelle.

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