Comment écrire une préface ?

La préface est le texte que l’on trouve avant le texte principal d’un livre et, contrairement au prologue et à l’introduction, elle fait partie du paratexte. Écrire une préface n’est pas un exercice facile – loin de là. Il peut être écrit par l’auteur lui-même, par un autre auteur ou encore par un éditeur. Il existe, ainsi, plusieurs manières et fonctions pour écrire une préface qui correspondra à vos besoins, à vos intentions.

Reconnaître une préface

La préface moderne, que l’on trouve dans le roman, naît au XVIIIème siècle. Le roman est alors en manque de légitimité, donc la préface avait pour vocation de défendre le genre. Mais elle était aussi mise à profit pour défendre des genres littéraires bien particuliers tels que le romantisme ou le réalisme dans Pierre et Jean de Guy de Maupassant, par exemple.

Au XXème siècle, il est d’usage de confier l’écriture de la préface à un auteur reconnu qui apporte sa caution au texte : on l’appellera « préface allographe ». Ce genre de préface permet de plaider en faveur d’une œuvre. 

Par conséquent, une préface oriente la lecture dans sa relation avec le texte, cadre le rapport entre les deux, donne des conseils ou incite la lecture et la programme. Elle donne des indications sur pourquoi et comment le lecteur doit lire le texte. La préface a deux objectifs principaux : 1. être lu ; 2. obtenir de cette lecture qu’elle soit juste et de qualité. Voici les éléments qui permettent d’orienter la lecture dans une préface :

  • Informations sur la genèse de votre livre (éléments biographiques, indications des sources, remerciements divers)
  • Un commentaire du titre (le(s) type(s) et fonction(s))
  • Un contrat de fiction
  • Indication de l’ordre de lecture
  • Précisions sur le contexte
  • Déclaration d’intention
  • Définition du genre

La stratégie de l’auteur consiste à défendre l’œuvre sans se mettre en valeur. Il adopte souvent une certaine modestie (généralement feinte) et ne met pas en avant son talent ; il cherche plutôt à valoriser le sujet en soulignant la question traitée dans le texte ou encore l’utilité de l’ouvrage. En voici quelques exemples :

  • Utilité documentaire : L’homme qui rit de Victor Hugo propose une réflexion sur l’aristocratie.
  • Utilité intellectuelle : Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau exposent l’Homme dans la vérité de sa nature.
  • Utilité morale : Manon Lescaut d’Antoine François Prévost rapporte les méfaits de la passion.
  • Utilité religieuse, sociale ou politique : Les Misérables de Victor Hugo, un roman dénonçant les injustices de la société.
  • Annoncer l’originalité ou le respect de la tradition : Les Confessions de Rousseau.
  • Dire que l’on innove ou que l’on est en rupture, moderne ou original (préface auctoriale).
  • Unité ou diversité : dans les préfaces du théâtre classique, les auteurs cherchent à prouver leur filiation avec les modèles qui le précèdent. Par exemple : la querelle des anciens et des modernes, ou les principes des drames romantiques.

N.B. : Ce sont des caractéristiques que l’on utilisait surtout dans les prémices de la préface moderne mais vous pouvez tout à fait vous en inspirer.

Les fonctions et autres utilités de la préface

J’ai déjà énoncé quelques indications qui peuvent vous aider à déterminer quels types de préface vous voulez écrire et quels effets elle engendrera, mais je vais expliciter ici certains points qui vous aideront davantage.

  • Fonction informative : la préface comporte ici des éléments sur la genèse de l’œuvre ou des informations concernant la place du texte dans l’ensemble de son œuvre et/ou de son époque.
  • Fonction de recommandation : une caractéristique plutôt discrète mais pas moins importante. C’est une spécificité du genre. Cette préface tend à valoriser le livre et offre souvent des commentaires critiques et théoriques.
  • Fonction paratonnerre : formulée par Genette, la préface paratonnerre constitue un aveu de l’auteur sur ses insuffisances à traiter le sujet (le sujet est très important mais l’auteur n’est peut-être pas à la hauteur de celui-ci). Cette fonction devance et déjoue la critique.
  • Fonction de véracité : par la préface, l’auteur valorise son livre en appuyant sur la véracité du texte. Il souhaite absolument prouver que ce qu’il dit est vrai (vous pouvez tout à fait évoquer tout votre cheminement et votre méthodologie de documentation).
  • Le dédoublement de l’instance préfacielle : ce dédoublement dans la préface permet de prévenir le lecteur et d’apaiser les futures critiques tandis que l’auteur lui-même explique que le texte est totalement réel et les difficultés qu’il a rencontrées. Il cherche, par conséquent, à éviter la censure en avertissant le public et en lui disant qu’il risque d’être choqué. Exemple de dédoublement : l’éditeur dit que c’est une fiction et l’auteur le contredit. Il s’agit de donner une double lecture au lecteur et à l’auteur, de présenter le livre de deux points de vue différents, car il donne à la fois le pour et le contre.

A présent, vous devriez y voir plus clair et savoir quelle direction votre préface va prendre. Gardez en tête que votre préface doit orienter le lecteur dans sa lecture, c’est le point le plus essentiel – entre autres – quelle que soit la fonction que vous donnez à votre préface.

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