Interview de Jean-Eric Zabrodsky

Interview de Jean-Eric Zabrodsky

Jean-Éric Zabrodsky, c’est d’abord une légende du journalisme sportif : 40 ans comme correspondant pour la presse nationale, chroniqueur à TV Tours et France Bleu Touraine, lauréat du prix national Crédit Lyonnais du meilleur article sportif (1994) et du prestigieux prix Antoine Blondin (1997). Mais c’est aussi un véritable Hannibal Lecteur, dévorant de nombreux livres chaque mois depuis son plus jeune âge, et un écrivain au parcours aussi riche qu’atypique.

Avec le roman La Belle Équipe, il nous plonge dans le Limousin de 1940, où football, résistance et humour se mêlent sous les yeux candides d’un enfant. Entre Don Camillo et Lacombe Lucien, ce texte, à la fois comique, tragique et philosophique, explore l’innocence, le racisme et l’absurdité de la guerre, avec une verve qui rappelle les grands films populaires.

Auteur de plusieurs ouvrages (La Croisière jaune, Sports 37), Jean-Éric Zabrodsky a aussi connu les désillusions de l’édition traditionnelle avant de se tourner vers l’autoédition, porté par son exigence de « moine soldat » et la confiance de ses amis. Rencontre avec un passionné pour qui le plaisir d’écrire n’a d’égal que celui d’être lu.

Comment êtes vous devenue auteur ?

Naturellement… J’étais journaliste sportif à l’âge de 20 ans… Et j’ai sauté le pas de lecteur à écrivain… Comment ? Et bien je lis depuis l’âge de 8-10 ans à raison de 6 à 10 livres par mois et cela fait 60 ans que ça dure !! Un ordre d’idée : j’adore la collection « Le dictionnaire amoureux »… Et bien j’en ai lu 105 et je fais attaquer le 106ème… Je suis surnommé Hannibal Lecteur !

Lecteur, puis journaliste sportif, je suis donc passé naturellement à écrivain

Comment est né votre votre roman La belle équipe ?

Au journal La Nouvelle République où je travaillais, il y avait un grand dessinateur Maurice Tournade qui m’appréciait et il m’a dit un jour :

« J’ai un bon sujet pour toi… Jamais traité… En 1940-41, il y avait une zone libre et une zone occupée… Du côté de la zone libre où j’étais, des villages ont accueilli des footballeurs pros de la zone occupée venus se mettre en vert. Ce qui a donné aux petits clubs une sacrée plus value… »

Voilà, je suis parti de cette idée et j’ai brodé autour.

Pourquoi prend-il place dans le Limousin en pleine 2nde Guerre Mondiale ?

Il me fallait une région en zone libre, assez loin de la frontière et aussi dans un coin très reculé… Presque le trou du cul du monde, si vous préférez… Des gens qui vivraient presqu’en autarcie… D’ailleurs, dans les campagnes, on voyait la politique nationale de très loin…

De plus, le Limousin allait vite devenir, par contre, une terre de résistance et ça m’intéressait… Le plus cocasse est que je suis plutôt un spécialiste et un passionné de la guerre 14-18. Mais étudier sur 39-42 a excité ma curiosité…

Plus qu’un roman historique, c’est un roman humoristique ?

Disons que… Il y a effectivement de l’humour, le foot est un prétexte… On y traite aussi de l’Histoire… C’est un très large éventail : comique, tragique, puis philosophique un peu, il y a aussi un polar à un moment.. C’est très « filmé : ça va de Don Camillo, la Guerre des boutons à Lacombe Lucien, Au revoir les enfants… Il y a aussi l’atmosphère d’Uranus, d’un Singe en hiver… Je pense que mon livre ferait une belle pièce ou un bon film d’ailleurs.

Quels sont les autres thèmes abordés dans l’ouvrage ?

J’ai voulu que ce soit un enfant qui raconte. L’enfance, c’est le naturel, l’ingénuité, la candeur, l’amour de la justice, le comique de langage… L’enfant en temps de guerre est celui qui « morfle » le plus avec les femmes et les personnes âgées…

Je parle aussi de racisme, d’antisémitisme avec un joueur juif, un joueur arabe… J’ai raconté aussi beaucoup d’anecdotes relatif à la drôle de guerre, la défaite de Sedan, Pétain, etc… J’ai aussi un credo très important : le plaisir d’écrire n’a d’égal que le plaisir de lire et d’être lu…

Avez-vous écrit d’autres ouvrages ou projetez-vous d’en écrire ?

Oui, j’ai écrit il y a plus de 20 ans Le popotier de la croisière jaune. Bon livre, je pense… Mais j’ai eu des soucis avec mon éditeur qui a été « liquidé » judiciairement. J’ai décidé de mettre le hola car j’étais déjà « surbooké » avec mon travail…

J’ai écrit aussi depuis 2 ans des livres sur le sport en Touraine avec des amis (le football que j’ai écrit en grande partie, le cyclisme, le sport)… J’ai travaillé durant 13 ans pour le magazine Le Vin Ligérien (de Loire) où je m’occupais du tourisme, de la culture… J’ai travaillé aussi pour un magazine alsacien et basque… J’avais juste à écrire et je ne m’occupais surtout plus de l’intendance !

Sinon, j’ai sous le coude des nouvelles de polar. Il est écrit… Je veux écrire aussi mes souvenirs… J’ai été élevé par une grand-mère polonaise, parmi des Russes blancs, mon autre grand-mère était le calque de Maria Bodin… J’ai reçu notamment le prix Antoine Blondin après mes écrits sur le championnat d’Europe de foot en Angleterre…   J’ai une foultitude de souvenirs invraisemblables…        

Que pensez-vous de l’autoédition?

Mon expérience avec mon éditeur a donc été très mauvaise… Promesses non tenues… Donc, j’avais décidé de tout arrêter… J’ai un bon ami qui travaille dans l’édition, que j’avais embauché comme pigiste quand j’étais chef des sports 37 ans mon journal, qui m’a relancé et qui connaissait « La bonne équipe ». Il connaissait le patron d’une maison d’autoédition à Nice et il m’a dit : c’est une pointure ! Je lui ai fait confiance, c’est tout. On n’est jamais trahi par ses amis.

Vous recommanderiez youStory à d’autres auteurs ?

Bien-sûr. Parce que j’ai été agréablement surpris du professionnalisme de YouStory… J’étais un journaliste professionnel et je détestais le travail mal fait, l’amateurisme… Dans mon travail, on me surnommait « Le moine soldat », vous voyez, tant j’aimais ce métier et par respect pour lui, j’aimais le faire du mieux possible, en prenant des risques, en innovant, en surprenant…

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