Interview de Marie Valantyn

Interview de Marie Valantyn

Entre les paysages ensoleillés de la Martinique et les côtes sauvages de la Bretagne, Marie Valantyn a construit une enfance bercée par la curiosité et l’émerveillement. Dès l’adolescence, deux passions l’animent : les voyages, qui ouvrent son esprit au monde, et la photographie, qui lui permet de capturer l’éphémère. Après des études parisiennes couronnées par une maîtrise et un DESS en psychologie clinique, elle explore divers horizons professionnels, notamment dans les ressources humaines. Pourtant, c’est auprès des enfants en fin de vie et des familles endeuillées qu’elle trouve sa véritable vocation, offrant un soutien précieux dans les moments les plus délicats. Aujourd’hui installée en Loire-Atlantique, Marie Valantyn signe Sur la route des enfants éphémères, un ouvrage qui marque son retour à l’essentiel : créer un espace d’écoute et d’accompagnement pour ceux qui traversent le deuil. Une quête de sens, une histoire de résilience, et surtout, une invitation à redécouvrir l’importance de l’Amour inconditionnel.

Comment êtes vous devenue auteure ?

J’ai toujours dit que c’est ma passion pour la lecture qui a fait qu’écrire était une évidence. Cependant, en y réfléchissant aujourd’hui, je ne suis pas sûr que ce soit cela qui m’ait réellement conduite à l’écriture. J’ai commencé très jeune à écrire des histoires courtes et ce n’était qu’un loisir parmi d’autres. Au lycée et à la fac, la plupart du temps, c’était pour échapper à l’ennui. J’écrivais pour arriver à un manuscrit finalisé (Sur la route des enfants éphémères n’est pas mon premier écrit mais c’est le premier ouvrage que j’ai publié) qui serait lu un jour – ou jamais – par d’autres.

L’écriture est pour moi un engagement qui demande à être « solide » et à avoir de la sensibilité. Pour écrire, je suis à l’écoute du monde dans toute sa dimension. Je dois être capable et supporter au plus profond de ma chair et de mon âme, de ressentir parfois jusqu’à cette douleur extrême qui fera jaillir de moi les mots desquels naîtra le roman.

L’écriture me plonge dans un ascenseur émotionnel d’où l’enthousiasme succède bien souvent au doute. Pour ma part, l’écriture est plaisir, exutoire , souffrance… et quelquefois tout cela à la fois. Un paradoxe. Et donc un vrai enrichissement.

Comment est né votre roman Sur la route des enfants éphémères ?

Écrire est, en règle générale, un réel plaisir mais pour Sur la route des enfants éphémères j’ai dû relever un véritable défi. Pour ce roman, c’est l’écriture qui est venue à moi, comme si elle était une pièce maîtresse de ma vie à un moment où la beauté du monde s’est évanouie et où la douleur de la perte a envahi mon être. Celle-ci a réveillé un traumatisme de l’enfance. A quatre ans, j’ai assisté à la mort de ma cousine, à peine plus âgée que moi, percutée par une voiture. C’est ce choc qui a marqué mon rapport à la mort et au silence qui l’entoure.

Ce roman est une sorte de revanche. Une manière de rendre hommage à ma sœur jamais connue, disparue bien trop tôt, à ma mère qui a porté les traces de cette perte, à cette cousine aimée, à ces enfants en fin de vie et à toutes ces familles croisées sur ma route et à qui j’ai apporté mon soutien. A travers toutes ces expériences, je me devais de mettre ces enfants, ces parents dans la lumière, de leur donner une voix, une place, une visibilité sans limite au sein de notre société.

Quels thèmes aborde-t-il ?

Ce roman témoigne de la fin de vie d’un enfant (sans pathos), de l’horreur qu’il subit ainsi que ses parents. Il est question de vie, de mort, de rejet, de peurs, de désespoir, d’espoir, de la complexité du deuil ou plutôt des deuils et des émotions profondes qui découlent de tout cela. Il témoigne également de la force et de la résilience des enfants et des familles qui traversent cette épreuve. Et, resplendissant au cœur de ces épreuves, l’Amour, toujours l’Amour… inconditionnel.

Comment des parents confrontés à cette situation dramatique peuvent-ils être accompagnés?

De ce genre de situation les parents sont souvent accompagnés par les équipes de soins palliatifs que ce soit à l’hôpital ou via des réseaux à domicile. Mais, cela reste confiné dans le domaine médical, des soins et ces personnes ont besoin d’autre chose. De se sentir faisant encore partie de notre société en y trouvant de la compassion et de la compréhension…

Il est important de savoir qu’il existe différentes façons d’apporter un réel soutien à ces familles et qu’il n’est pas nécessaire d’être soignant, spécialiste dans tel ou tel domaine pour accompagner ces parents qui eux-mêmes accompagnent leur enfant en fin de vie et qui seront face à sa mort et devront vivre un deuil. Vous, moi, qu’importe notre profession et nos études sommes capables d’amener le petit plus qui fera la différence face au drame vécu par ces familles qui font bien souvent partie de notre entourage proche.

Devant ce genre de souffrance qui est aussi bien physique que psychologique, nous restons sans voix, impuissants… La souffrance de l’autre fait peur, alors nous fuyons. Du même coup, le mourant et sa famille se retrouve dans une solitude extrême car notre société refuse de voir la mort en face. En conséquence, cette même société n’apporte pas de réconfort à des êtres qui en ont cruellement besoin. Cette attitude les isole et rend leur douleur encore plus insupportable. Mais, nous pouvons les aider en faisant de notre mieux car il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière de faire. L’important est d’être là. Il faut laisser les personnes en deuil faire leur propre chemin. Il faut être prêt à écouter sans chercher à influencer, sans demander de réagir ou de se ressaisir lorsqu’elles sont prêtes à parler, parler encore et encore de ce qu’elles sont en train de vivre.

Il faut également savoir que le silence est langage, communication, et qu’il faut le respecter. Être simplement là, sans jugement et respecter leur besoin est déjà énorme. Un coup de téléphone, un écrit, peut également contribuer à apporter du réconfort, un soutien. L’endeuillé ne demandera pas d’aide de lui-même bien souvent. Alors si on veut le soutenir , il ne faut pas de vagues suggestions. Il faut dire les choses simplement et de manière directe. Éviter de promettre des choses que l’on ne fera pas ou différemment de ce qui a été entendu.

Que pensez-vous de l’autoédition?

L’autoédition faite de manière professionnelle est une bonne chose. Avec YouStory, je suis très bien accompagnée dans le respect de mon écrit. Une belle écoute, de la disponibilité, des conseils avisés, une équipe réactive, une communication fluide.

Comment résumeriez-vous YouStory en trois mots ?

Professionnel, Humain, Communication. Je conseille aux auteurs de tenter l’aventure avec cette plateforme d’autoédition car vous offrez un accompagnement, au rythme de l’auteur, à la fois professionnel et humain. L’auteur garde sa liberté créative tout en ayant un soutien plus qu’appréciable à chaque étape. Pour les auteurs qui veulent publier en toute indépendance tout en étant bien entourés, c’est la solution.

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