Vendre un livre autoédité est-il vraiment si difficile ?

Vendre un livre autoédité est-il vraiment si difficile ?

L’autoédition, bien qu’en plein essor en France, s’accompagne de nombreux défis pour les auteurs indépendants. Parvenir à vendre son livre en est un. C’est peut-être même le plus difficile depuis une dizaine d’années. Pour autant, certains blogs affirment que les livres autoédités peuvent devenir des bestsellers. Mieux : certains acteurs du marché promettent à leurs clients de pouvoir vivre facilement des revenus générés par les ventes de leurs livres ! Qu’en est-il vraiment ? Qui dit vrai, qui dit faux ? Dans cet article, j’explore les raisons pour lesquelles vendre un livre autoédité devient plus difficile et, de ce fait, les responsabilités accrues des auteurs dans la gestion de leurs projets. Je tenterai de vous proposer des pistes pour surmonter ces obstacles et vous livrerai des clés pour optimiser vos chances de succès dans l’univers exigeant de l’autoédition.

Autoédition : plus on est de fous, moins on rit ?

L’autoédition a connu un essor significatif en France au cours des deux dernières décennies, représentant près du quart des livres papier déposés à la Bibliothèque nationale de France en 2015, contre un dixième il y a 40 ans. Cette croissance est notamment due à l’évolution des technologies facilitant la publication indépendante. Cette surabondance de l’offre en matière d’autoédition crée une concurrence féroce ; il devient ardu pour un auteur indépendant de se démarquer pour attirer l’attention des lecteurs. Mécaniquement, cela implique un tassement des ventes. Si le nombre de lecteurs stagne, voire baisse un peu chaque année, alors que le nombre d’ouvrages disponible augmente exponentiellement, la part du gâteau potentielle pour chaque auteur diminue.

En outre, cette saturation du marché complique la visibilité des ouvrages autoédités, surtout face aux publications des maisons d’édition traditionnelles qui bénéficient de réseaux de diffusion établis et de stratégies de communication mass media (affichage, presse, radio, etc.). Selon un rapport du Ministère de la Culture, un auteur autoédité vendrait en moyenne une vingtaine d’exemplaire de son ouvrage, alors qu’un auteur publié par une maison d’édition en vendrait soixante fois plus. Chez youStory, nos statistiques de ventes moyennes sont cinq fois plus élevées que la moyenne nationale des autoédités, mais cela reste toujours bien inférieur aux ventes moyennes des éditeurs à compte d’éditeur.

Autoédition : distribuer n’est pas diffuser ?

La diffusion en librairie constitue un défi majeur pour les auteurs autoédités. Le dépôt-vente, bien que relativement accessible et fortement conseillé, implique une commission significative pour le libraire (que l’on appelle une « remise »), généralement située entre 30 et 35 % du prix total du livre. Cette pratique nécessite un investissement en temps pour démarcher les librairies et les convaincre de mettre en avant leur ouvrage, sans garantie de succès, là où certaines maisons d’édition – les plus prestigieuses – disposent d’une force commerciale capable de sillonner tout le territoire pour convaincre les libraires de mettre les livres de leur catalogue en rayon. A défaut de pouvoir démarcher les libraires, les auteurs doivent impérativement distribuer et référencer efficacement leurs ouvrages. C’est-à-dire qu’ils doivent gérer de manière efficace les aspects logistiques de la chaîne du livre (impression, expédition, facturation) et proposer leur livre en vente sur un maximum de points de vente et de plateformes Internet.

Autoédition : l’habit fait le moine ?

La perception de l’autoédition peut également poser problème être un frein à l’achat. Certains lecteurs associent encore l’autoédition à une qualité inférieure, en raison de la présence sur le marché de livres publiés sans relecture approfondie ou sans travail éditorial suffisant. Cette image négative peut dissuader les lecteurs potentiels et rendre la commercialisation plus ardue pour les auteurs indépendants. D’où la nécessité, pour les auteurs autoédités, de maîtriser ou de déléguer à des professionnels divers aspects de la publication, tels que la mise en page, la conception de la couverture, le marketing et la promotion, qui représente une charge de travail considérable. Sans le soutien de tiers, ces tâches peuvent rapidement devenir accablantes, surtout pour ceux qui ne possèdent pas les compétences ou le temps nécessaires. Pour que l’autoédition parvienne à améliorer son image, il est d’abord nécessaire que la qualité des titres autoédité soit meilleure, et constante dans le temps. Car l’avenir de l’autoédition se jouera sur la qualité des livres. Notre équipe milite d’ailleurs pour qu’une distinction soit faite entre un 1er jet ou un texte d’IA publié à la va-vite, comme c’est souvent le cas désormais sur certaines plateformes, et un ouvrage écrit avec soin par ses auteurs, relu, corrigé et mis en page par des spécialistes.

Autoédition : être seul ou bien accompagné ?

La concurrence avec les grandes plateformes de vente en ligne, comme Amazon ou Kobo, complique la situation des auteurs souhaitant s’autoéditer seuls. Ces géants du commerce en ligne disposent de moyens logistiques et financiers considérables, rendant difficile pour les auteurs autoédités de rivaliser, notamment en termes de visibilité et de prix. Les récentes évolutions législatives, comme l’obligation pour ces plateformes de facturer des frais de port de 3 euros pour chaque livraison de livres inférieure à 35 euros, visent à rééquilibrer la concurrence avec les librairies traditionnelles, mais leur impact réel reste encore à évaluer. Dans ces conditions, les auteurs doivent accepter de travailler avec ces plateformes, et bien d’autres, pour augmenter la visibilité de leur ouvrage. C’est pour cela que notre équipe vous fait profiter de son réseau de distribution national et international, dont font partie l’intégralité des plateformes du marché.

Autoédition : crier plus fort que son voisin ?

Pour promouvoir efficacement un livre, il faut commencer par définir son public cible et adapter sa communication en conséquence. Créer une présence en ligne solide avec un site web dédié et des profils actifs sur les réseaux sociaux est devenu monnaie courante mais cela reste un passage obligé pour mettre en place un storytelling impactant et un teasing de lancement efficace (partager votre parcours d’auteur, l’histoire derrière votre ouvrage, faire monter l’engouement autour du livre avant sa sortie). Sur internet, mettre en place des partenariats avec des blogueurs, influenceurs ou journalistes pour obtenir des critiques et gagner en visibilité est tout aussi efficace pour développer la notoriété de votre livre. Enfin, même si de nombreux autoédités y ont recours désormais, mettre en place des publicités sur Internet (Facebook, Instagram, Linkedin, Amazon, etc.) permet de développer sa notoriété auprès d’un public large et ciblé. Si le web à la côte, gardez bien à l’esprit que promouvoir son livre dans le monde réel reste encore à ce jour la plus rentable des communications : organisation de séances de dédicaces, participation à des salons ou à diverses rencontres littéraires.

Autoédition : vendre son livre est-il si difficile ?

En conclusion, même si l’autoédition offre une liberté créative et une accessibilité accrue, je peux vous affirmer que vendre un livre autoédité en France est devenu difficile en raison de la saturation du marché, des défis de distribution, des perceptions négatives persistantes, de la concurrence des grandes plateformes en ligne et des nombreuses responsabilités incombant aux auteurs indépendants. Les auteurs autoédités à succès existent, c’est vrai, ils se comptent sur les doigts d’une main en France mais ils ont réussi ce pari grâce à des stratégies de lancement ingénieuses et minutieusement préparées. Difficile à reproduire, mais pas impossible ! Faites donc attention aux sociétés qui promettent à tous les auteurs de vivre de leur plume facilement, vous risquez d’être fortement déçus.
Pour parvenir à vendre votre ouvrage autoédité, il est essentiel d’entreprendre des efforts continus pour améliorer la qualité de vos livres, de rechercher des canaux de distribution de masse, voire alternatifs, et de développer une stratégie marketing ciblée avant de promouvoir votre ouvrage.

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