Vendre un livre soi-même : est-ce si facile ?

Vendre un livre soi-même : est-ce si facile ?

L’autoédition séduit toujours plus d’auteurs au fil des années. La perspective de voir son livre commercialisé sur les plus grands sites web de vente en ligne, aux côtés des bestsellers du moment, sans avoir de compte à rendre à un éditeur et en multipliant ses gains sur les ventes fait forcément rêver. Et puis autoéditer son livre augure du meilleur ; les auteurs se donnent la possibilité de vendre leur livre comme des petits pains ! Avec beaucoup de travail et un soupçon de chance, il leur est même possible d’en vivre à temps plein. Tous les espoirs sont permis ! STOP, je vous arrête. Vous y croyez vraiment ? Vous pensez qu’autoédition rime avec ventes par millions ? Qu’il est si facile de vendre un livre soi-même ? Revenons sur Terre cinq minutes.

Autoédition : les success story

Quand vous pensez autoédition, vous pensez au succès planétaire de Cinquante Nuances de Grey, au succès éclair de Les gens heureux lisent et boivent du café, vendu à une dizaine de milliers d’exemplaires avant d’être repéré par un éditeur de renom, au succès retentissant de Mémé dans les orties qui s’est écoulé à 25000 exemplaires avant d’être repéré par un autre mastodonte, au succès plus confidentiel de Les méduses ont-elles sommeil ? (quelques milliers d’exemplaires vendus) mais tout aussi efficace (une grande maison d’édition lui a fondu dessus), et aux succès impertinents des Zemmour, Kylian Mbappé, Riad Sattouf et autre Joël Dicker.

Définitivement, l’autoédition est l’assurance de devenir numéro 1 des ventes sur Amazon, de conquérir le cœur des éditeurs et de vendre des exemplaires par centaines de milliers. Ces success story sans équivoque sont la meilleure publicité que l’autoédition pouvait espérer. Elles existent. Elles sont réelles. Oui, oui. Mais elles se comptent sur les doigts de la main.

Vendre en masse : un mirage publicitaire

Certains auteurs ont les dents qui rayent le parquet. C’est un fait et c’est légitime. Quoi de plus normal qu’espérer vendre son livre par milliers pour en faire son métier ? Surtout lorsque les success story inondent la toile de leur récit romanesque. Alors ces auteurs avancent avec leurs gros sabots, confiant de la qualité de leur livre, fier de leur intrigue, ils savent que leur futur se joue maintenant ; lorsqu’ils auront publié leur bouquin les dividendes gonfleront inéluctablement leur compte bancaire. Les plus grands éditeurs se l’arracheront. Les réalisateurs de cinéma se battront pour l’adapter à l’écran.

Sincèrement, c’est tout le bien que je vous souhaite mais la réalité est tout autre puisque la majorité des autoédités vendent leur livre à quelques dizaines, voire quelques centaines d’exemplaires. Une étude BoD estime à 1% les autoédités qui franchissent la barre des mille exemplaires vendus. Faites le calcul justement pour mille ventes : en commercialisant un livre numérique sur Amazon à 2,99 € vous gagnerez un peu plus de 2000 €. C’est un beau montant mais ça ne vous fera pas vivre et vous serez encore loin de payer l’ISF ! Tout ça pour dire qu’autoéditer un livre ne donne pas l’assurance de le vendre. Il sera commercialisé, c’est certain, mais il faudra donner envie aux lecteurs de le lire.

Souvenez-vous de ceci : un livre ne se vend pas tout seul.

Vendre auprès de ses proches, easy ! Mais après ?

Vendre un livre soi-même se révèle relativement aisé auprès de son premier cercle de connaissance (famille, amis, collègues). Ces proches, bienveillants à votre égard, vous soutiendront dans votre démarche. Au-delà (amis d’amis…), cela signifie que le bouche-à-oreille a fonctionné. À traduire : votre ouvrage est de qualité. Encore au-delà, ça devient une belle performance. Vous avez su communiquer pour sortir de la masse des titres publiés (pour rappel : près de 70 000 titres chaque année). Enfin, vendre son livre par milliers peut être considéré comme un réel exploit ; le fruit d’un bon livre, d’une bonne communication et d’un zeste de chance. Le buzz littéraire a fait son œuvre.

Les success story existent mais elles ne sont ni la norme en matière d’autoédition, ni le fruit du hasard. Aucun auteur ne peut espérer vendre s’il ne s’en donne pas les moyens. Aucune intrigue, aussi fantastique soit-elle, ne fera venir les lecteurs. Pour vendre en masse, il faut réunir au moins l’une de ses conditions :

  • Être un personnage public.
  • Posséder une large communauté active (plusieurs dizaines de milliers de personnes à minima).
  • Savoir communiquer comme un professionnel.

Vous n’êtes ni Eric Zemmour, ni Kylian Mbappé n’est-ce pas ? Alors demandez à Aurélie Valognes et à Louisiane C. Dor quel a été leur recette pour vendre un livre autoédité comme des petits pains alors qu’elles étaient de parfaites inconnues. Ce n’est pas un secret : elles ont établi une réelle stratégie de communication pour exister et se faire aimer. Elles y ont mis du temps (beaucoup) et de l’énergie (encore plus). Leur succès, elles le doivent à la qualité de leur livre, bien entendu, aux sujets abordés aussi sans doute, mais surtout à leur capacité à mener judicieusement leur promotion à des moments clés.

Promotion de livre : expérimentez sans rechigner

En matière de communication, planifiez méthodiquement vos actions, tentez des choses dès la sortie de votre livre et en amont : communiquez sur Internet, partez à la rencontre des lecteurs dans le réel, faites savoir au monde que votre livre n’attend qu’eux pour se révéler ! Ensuite, mesurez les retombées de vos actions, rectifiez-les, testez aussi d’autres actions, mesurez à nouveau les retombées, etc. Un jour, vous trouverez la bonne formule. Il faut y croire, vous donner les moyens (temps et argent) et ne pas attendre que les ventes tombent du ciel. Autoéditer un livre n’est pas un aboutissement mais bel et bien un commencement.

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