L’autoédition, c’est quoi ?

Depuis le début de la crise sanitaire en France, et plus particulièrement depuis le premier confinement, un Français sur dix a débuté l’écriture de son livre. C’est un rêve enfoui depuis longtemps pour la plupart des écrivains en herbe et le contexte particulier les a motivés à faire de leur rêve une réalité. Pour ceux qui parviendront à terminer ce travail d’écriture, qui n’est déjà pas une mince affaire, le plus difficile commencera : trouver un éditeur. Autant vous prévenir, rares seront les heureux élus. Les autres devront trouver un autre moyen de publier leur livre. L’autoédition se posera alors comme une solution crédible. L’autoédition ? Explications.

La difficulté de publier son livre chez un éditeur

Chaque année, plus de 80 000 nouveaux livres sont publiés en librairie et déposés à la Bibliothèque Nationale de France. C’est beaucoup et peu à la fois lorsqu’on sait que 2,5 millions d’auteurs français souhaitent publier leurs ouvrages.

Trouver un éditeur est une tâche ardue et longue. La frustration est souvent terrible. Entre l’attente, interminable pour recevoir les réponses des éditeurs traditionnels, c’est-à-dire à compte d’éditeur, et les refus quasi systématiques, beaucoup se découragent. Trouver un éditeur est un véritable parcours du combattant, comme vous pouvez le lire dans notre dossier complet, et seul 1 auteur sur 5000 y parvient. De ce fait, chaque année, ce sont 50 000 romans qui sont écartés par les éditeurs. Vous faites peut-être parti de ceux-là. Les auteurs se tournent donc massivement vers des voies alternatives pour ne pas enterrer définitivement leur livre dans un tiroir.

Les alternatives pour publier son livre

Il existe deux alternatives pour publier un livre en librairie lorsque les éditeurs vous ont refusé : l’édition à compte d’auteur et l’autoédition.

  • L’édition à compte d’auteur, comme son nom l’indique, est une manière pour un auteur de publier son livre en librairie à ses frais. Quand les éditeurs à compte d’auteur prennent le risque financier en matière de direction d’ouvrage, de publication, d’impression et de promotion, les éditeurs à compte d’auteurs facturent l’intégralité de ces étapes à l’auteurs. Résultat : un investissement conséquent, entre 1800 et 5000 €, sans compter l’impression de votre stock personnel de livres.
  • L’autoédition, comme son nom l’indique, permet aux auteurs de publier leur livre eux-mêmes, à moindre coût.

Le principe de l’autoédition

L’autoédition permet aux auteurs de concrétiser leur projet de publication de livres. Ces auteurs ont souvent subi les refus des éditeurs à compte d’éditeur. La frustration engendrée et le coût exorbitant de l’édition à compte d’auteur les poussent à s’engager dans cette voie.

Le principe est simple : l’auteur écrit son livre, le corrige, le met en page, créée ses couvertures, l’imprime, le propose à des librairies et assure lui-même sa promotion. Vous l’avez compris, autoédition rime à publier son livre soi-même. Potentiellement, c’est gratuit ou presque, je vous invite à lire cet article consacré au coût de l’autoédition pour en savoir davantage.

Si autoéditer un livre peut paraître simple sur le papier, en réalité, cela s’avère rapidement compliqué, notamment sur ces quelques points :

  • L’auteur qui parvient à écrire un livre de 200 pages sans faire une faute d’orthographe peut devenir membre des Dicos d’or.
  • L’auteur qui met en page son livre en respectant à lettre les normes de mise en page est un élève très rigoureux.
  • L’auteur qui réalise des couvertures de livres attrayantes est un artiste travaillant sur les logiciels de création graphique.
  • L’auteur qui trouve un imprimeur au juste prix est un bon négociateur.
  • L’auteur qui parvient à convaincre des libraires de mettre son livre en rayon est un infatigable négociateur.
  • L’auteur qui parvient à réaliser ses relations presse, son site internet, ses marque-pages et ses publicités sur les réseaux sociaux est un communiquant de métier.

Pensez-vous être un Bernard Pivot en puissance, couplé à un bon élève, expert en PAO, commercial inépuisable et spécialiste de la communication ? Si c’est le cas, chapeau ! Peut-être sous-estimez-vous toutes ces tâches… À dire vrai, la plupart des auteurs ne connaissent ni les rouages du marché de l’édition, ni les normes de direction d’ouvrage, ni les procédures à suivre en matière de publication et de promotion.

Les avantages de l’autoédition

L’autoédition n’est pas uniquement une voie de garage pour auteurs refusés par les éditeurs à compte d’éditeur, c’est aussi souvent, et de plus en plus, une voie privilégiée pour de nombreuses raisons :

  • Avoir la garantie de publier son livre, évidemment.
  • Toucher plus de dividendes sur les ventes (jusqu’à 100% contre 5 à 12% avec un éditeur à compte d’éditeur).
  • Conserver 100% de ses droits d’auteur.
  • Rester maître des contenus du livre (textes, couvertures, etc.).
  • Ne pas être engagé, ni sur la durée, ni sur un nombre de ventes, ni sur un nombre d’impressions minimum.
  • Être repéré par un éditeur : si votre livre est de qualité, qu’il trouve son public et qu’il se vend, les éditeurs se battront pour vous faire signer chez eux !

Les inconvénients de l’autoédition

Si l’autoédition possède de nombreux avantages, il ne faut pas oublier également qu’elle ne fait pas de miracles :

  • Un livre autoédité comporte souvent de nombreuses fautes d’orthographe, de conjugaison, de grammaire et de syntaxe.
  • Les couvertures sont souvent kitsch à souhait.
  • La distribution et la diffusion sont souvent très faibles ou cantonnées à un canal de vente (ex. du modèle Amazon KDP)
  • La promotion dépasse rarement le cadre de l’entourage proche de l’auteur.
  • Et puis il faut du temps, beaucoup de temps pour tout faire soi-même.
  • Pour publier un livre de qualité, les auteurs s’entourent donc d’experts dans leurs domaines (correcteurs, graphistes, développeurs, etc.) et investissent dans des campagnes publicitaires. Le coût de production du livre passe mécaniquement de 0 € à plusieurs centaines, voire milliers d’euros.

Autoéditer son livre seul ou se faire accompagner ?

Autoéditer un livre seul relève de l’exploit, lorsqu’il s’agit de le faire bien. Certains auteurs le font en vitesse, pensant que leur « chef-d’œuvre » se vendra comme des petits pains. Faux, c’est un leurre. Aucun lecteur ne vous attend. Aucun lecteur ne vous connait. Aucun lecteur ne veut d’un livre réalisé à la va-vite.

Vous n’avez pas le choix, vous devez prendre le temps d’accomplir toutes les étapes de direction d’ouvrage, de publication et de promotion dans les règles de l’art, c’est-à-dire en consacrant des centaines voire des milliers d’heures à ce travail. Je parle bien de « travail » car il ne s’agit pas ici d’une démarche artistique d’écriture. Publier un livre n’est pas une partie de plaisir comme écrire un livre, c’est un défi difficile qui peut vite devenir complexe et laborieux.

Vous vous sentez les épaules pour y parvenir ? Alors foncez, sans compter vos heures et l’énergie dépensée. Vous pouvez y arriver. Je vous conseille vivement la lecture de ce guide sur l’autoédition qui a été réalisé par Mobilis, le Pôle régional de coopération des acteurs du livre et de la lecture en Pays de la Loire.

Pour les autres, sans doute moins rêveurs ou tout simplement plus réalistes sur leurs capacités, n’hésitez pas à vous entourer ! Parfois, il suffit d’un bon correcteur pour obtenir un livre à la hauteur. Parfois, il suffit d’un bon graphiste pour avoir une couverture de livre attirant les regards. Parfois, il suffit d’un bon distributeur pour commercialiser son livre partout et pas seulement sur Amazon. Parfois, il suffit d’un bon communiquant pour se faire connaître au plus grand nombre. Et parfois, vous travaillerez avec un partenaire comme youStory pour être accompagné dans toutes les étapes de votre projet et publier votre livre comme un professionnel.

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