Comment trouver un éditeur ? Part. 4

Comment trouver un éditeur ? Part. 4

Vous y voilà. Après avoir peaufiné l’écriture de votre livre, fait le choix des maisons d’éditions cibles et soigné votre soumission de manuscrit, il vous reste une ultime étape à suivre pour trouver un éditeur, et pas des moindres, si vous espérez pouvoir être publié : faire le suivi des demandes, qui s’accompagne bien souvent de relances et d’une nécessaire remise en question. Vous le savez, les maisons d’éditions à compte d’éditeur reçoivent chaque jour des dizaines, voire des centaines de manuscrits. Leur boite aux lettres est pleine à craquer. Pour exister, faites-vous remarquer, dans le bon sens du terme. Voici quelques conseils pour suivre efficacement vos envois de manuscrits et pour prendre les mesures appropriées en fonction des réponses obtenues.

Suivre les demandes envoyées aux éditeurs

Vous sortez de votre bureau de poste, l’air guilleret. Et pourtant, vous venez de dépenser 50 € en timbres et en enveloppes pour expédier vos précieux manuscrits imprimés aux dix éditeurs les moins sensibles aux avantages du digital. Heureusement, les autres maisons d’édition acceptaient les envois par mail, sans quoi votre budget postal annuel serait déjà dépassé.

Au total, vous avez transmis votre livre à 25 éditeurs, sachant que chacune d’entre elles mettra entre 3 et 12 mois à vous répondre. Vous n’avez plus qu’à patienter ? Absolument pas !

Une fois votre livre envoyé aux maisons d’édition, la première chose à faire est de créer un document Excel de suivi des demandes. Pourquoi ? Si vous vous posez cette question, laissez tomber vos rêves de publication. Un tableau de suivi des demandes permet de connaître l’avancée de vos demandes et de pouvoir prendre des décisions. Sans ce tableau, gérer vos soumissions deviendra un véritable casse-tête pour votre cerveau.

Ce document excel peut contenir les colonnes suivantes :

  • Éditeur : pour le nom des maisons d’édition ciblées
  • Collection : pour la collection ciblée chez ce même éditeur
  • Site web : pour une URL pointant sur le site de l’éditeur.
  • Mail : pour une ou plusieurs adresses mail de la maison
  • Téléphone : pour le ou les numéro(s) de téléphone de la maison
  • Moyens : pour le type de transmission (courrier postal, mail, formulaire sur le site web…)
  • Date d’envoi : sous la forme JJ/MM/AAAA
  • Date de réponse attendue : sous la forme JJ/MM/AAAA
  • Dates de relance : pour indiquer les dates de chaque relance, si vous en avez faite, sous la forme JJ/MM/AAAA et en précisant le moyen.
  • État : pour suivre le statut de la demande (envoi à faire, envoyé, en cours d’examen, retenu, non retenu)
  • Commentaires : pour indiquer tout ce que vous risquer d’oublier à propos de votre demande (infos pratiques, impressions, choses à faire…)

Relancez les éditeurs avec modération

Cela fait six mois que vous avez envoyé vos manuscrits aux maisons d’édition, et toujours aucune réponse. Chaque matin, vous relevez votre boite aux lettres et votre messagerie électronique dans l’espoir d’y trouver un courrier de Flammarion ou du Seuil. Chaque matin, vous rêvez de découvrir une réponse positive de Gallimard ou de Plon. Malheureusement, hormis des factures, prospectus et autres spams, les réponses tant désirées se font attendre.

Prenez garde : si une réponse vous arrive le mois suivant votre envoi, c’est qu’il s’agit certainement d’une maison d’édition à compte d’auteur. Rien ne sert de sauter au plafond, continuez de relever votre boîte postale maladivement.

Si la date de réponse attendue est dépassée, c’est à vous de jouer : relancer l’éditeur, mais attention, ne le harcelez pas ! Si vous le contrariez, vous pouvez être certain que votre manuscrit finira à la poubelle. Lorsque la date de réponse attendue est dépassée (de quelques jours hein !), rédigez un mail et envoyez-le à vos contacts au sein de la maison d’édition. Facilitez-leur la tâche en notant bien le titre de votre manuscrit, vos nom, prénom et pseudo, date de soumission et numéro de dossier éventuellement remis. Ne faites pas dans l’à-peu-près. Soyez précis, concis. Demandez courtoisement si votre livre a bien été reçu par leur comité de lecture et, le cas échéant, s’il a été retenu. Basta.

Sans réponse de la maison d’édition dans le mois suivant votre mail de relance, prenez votre téléphone pour une seconde relance (ou rédigez un nouveau par mail si vous n’avez pas le téléphone de l’éditeur). Sans réponse à cette seconde relance, considérez que votre livre n’a pas été retenu. C’est injuste mais c’est comme ça.

Que faire une fois la réponse des éditeurs obtenues ?

Le verdict vous parvient enfin. Ne vous faites pas d’illusion, une réponse positive s’accompagne souvent d’un coup de fil. Recevoir un courrier postal ou un mail est généralement mauvais signe, hormis lorsqu’il s’agit, encore et toujours, de maisons d’édition à compte d’auteur.

En cas de réponse positive, la seule chose à faire est de sauter au plafond ! Vous avez atteint le Graal tant désiré par les auteurs, vous détenez enfin le passeport pour devenir l’écrivain de vos rêves, vivre de votre plume et… vous… vous n’avez pas besoin de nous pour sauter au plafond, intéressons-nous plutôt aux réponses négatives.

En cas de réponses négatives, ne tombez pas en dépression. L’échec est souvent considéré comme un signe de faiblesse en France (par les personnes aigries), mais il n’en est rien. En vous relevant d’un échec, vous deviendrez plus fort. C’est à force de réponses négatives que vous tendrez vers une réponse positive. Croyez-y ! Croyez en vous ! Mais cela ne viendra pas d’un coup de baguette magique.

En cas de réponse négative, analysez les commentaires rédigés par les éditeurs. Je le sais, les mastodontes de l’édition envoient des réponses types qui sont les mêmes pour tous. Intéressez-vous aux réponses des éditeurs médians, voire à celles des petits éditeurs qui prennent parfois la peine de vous expliquer leur refus. Vous n’avez pas envoyé votre manuscrit à ce genre de maison d’édition ? Alors reprenez ma méthode à partir de l’étape 2, en ciblant des éditeurs qui, à vos yeux, sont secondaires ou tertiaires. Car ils sont votre plus grande chance d’être publié. Oubliez les grosses maisons d’édition ; faites-vous une raison.

Si vous avez reçu des réponses négatives argumentées, repassez par l’étape 1. Vous avez bien lu : réécrivez votre livre en tenant compte des remarques formulées par les éditeurs. Vous ne voulez rien changer à votre livre ? Alors oubliez vos rêves d’édition à compte d’éditeur. Beaucoup d’auteurs le confient, c’est en faisant évoluer leur texte (sur les remarques d’éditeurs) qu’ils ont été publiés à compte d’éditeur, et moi le premier.

Vous l’avez compris, trouver un éditeur peut prendre du temps, beaucoup de temps. Souvent des années. Seul les plus persévérants d’entre vous y parviendront, les autres se contenteront de plaintes sur Internet. De quel bord voulez-vous faire partie ? Ceux qui prennent leur courage à deux mains pour trouver un éditeur ou de ceux qui abandonnent dès les premières difficultés rencontrées ? Trouver un éditeur, c’est comme atteindre le sommet d’une montagne. C’est dur, éprouvant, déstabilisant. On a parfois envie d’abandonner mais le sommet reste toujours visible. Il est là, à portée. Et il ne tient qu’à vous de l’atteindre.

Lorsque vous obtiendrez enfin une ou plusieurs réponses positives, il sera temps pour vous de signer votre contrat d’édition. Si, si, c’est possible, mais ça fera l’objet d’un prochain article.

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