Les chiffres clés de l’édition de livres en France

Les chiffres clés de l’édition de livres en France

Du fait de l’émergence des technologies numériques et des nouvelles pratiques consuméristes, certains pensent que l’édition est un marché en mauvaise santé. En observant les chiffres de plus près pour l’année 2018, publiés en 2019 par le SNE (Syndicat National de l’édition) et l’observatoire de l’économie du livre, on se rend compte du contraire. Si l’édition ne connait pas la croissance de marchés émergents, elle représente toujours une activité très lucrative pour certains de ses acteurs. Les ventes de livres de quelques auteurs de renom peuvent être perçues comme la face immergée de l’iceberg, mais les performances des ventes de livres numériques sont porteuses d’espoir. Synthèse.

Les auteurs connus se taillent la part du lion

En 2018, 82 313 titres étaient publiés par les éditeurs et déclarés à la BnF (+ 2% par rapport à 2017), ce qui représentait 783 260 titres commercialisés au total. Parmi ces livres publiés en 2018, un livre sur cinq était auto-édité. Le nombre de nouveautés était en baisse de plus de 5% par rapport à 2017, les éditeurs ayant misé sur les réimpressions (+ 8%).

Sans surprise, Un appartement à Paris de Guillaume Musso arrivait en tête des ventes de livres, avec 590 000 exemplaires, devant Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano (541 100 exemplaires vendus). La troisième marche du podium était encore détenue par Guillaume Musso avec La jeune fille et la nuit (500 500 exemplaires). La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker et La tresse de Laetitia Colombani fermaient le top 5 de l’observatoire de l’économie du livre, avec un peu plus de 400 000 exemplaires vendus.

Les ventes de ces cinq titres représentaient 1,3 % du chiffre d’affaires total de la profession. Vous pensez que ce n’est pas grand chose ? Faux, en proportion du nombre de titres disponibles sur le marché, c’est absolument énorme. Voici deux chiffres encore plus parlants :

  • 1,28 % des 783 260 livres commercialisés en 2018, soit 10 000 livres, représentaient 50 % des ventes totales de livres.
  • 0.23 % des livres commercialisés, soit 1000 livres, représentaient 20 % des ventes.

C’est dire à quel point les auteurs médiatisés se taillent la part du lion. Il ne reste que les miettes pour les auteurs anonymes.

Le chiffre d’affaires des éditeurs en légère baisse

Même si 51 % des Français ont déclaré avoir acheté au moins un livre en 2018, la baisse de l’activité des éditeurs est notable. En effet, le SNE estime que leur chiffre d’affaires était de 2 670,1 millions d’euros en 2018 contre 2 792,3 millions d’euros en 2017, soit une baisse de plus de 4 %. Le nombre d’exemplaires de livres vendus vendu est lui passé de 430 millions en 2017 à 419 millions en 2018, soit une baisse de 2,5%.

Il n’en reste pas moins que le marché du livre reste colossal. La baisse de l’activité des éditeurs peut s’expliquer par divers facteurs :

  • La refonte des manuels scolaires du collège a dopé les statistiques en 2016 et 2017.
  • La rentrée littéraire 2018 n’a semble-t-il pas répondu aux attentes du public.
  • Les mouvements sociaux de la fin d’année 2018 ont freiné l’achat de livres avant et pendant les fêtes de fin d’année, qui est traditionnellement une période de fortes ventes.
  • Les clubs de livres ne vendent plus autant qu’avant ; le secteur périclite.
  • Les lecteurs passent moins de temps à lire et consacrent davantage leur temps aux jeux vidéo, séries et réseaux sociaux.

Caractéristiques des ventes de livres

Avec près de 568 M€ de chiffre d’affaires en 2018, la littérature est de loin le premier segment en matière de part de marché (22,5% des ventes de livres). Derrière, le secteur des sciences humaines et sociales arrive en 2e position (368 M€ de CA), suivi de près par le secteur jeunesse puis les livres pratiques. Le secteur des livres scolaires et celui des bandes dessinées, comics et mangas, arrivent plus loin, avec un chiffres-d ’affaire inférieur à 300 M€ en 2018, mais ils intègrent le top 5 des secteurs par vente de livres.

En 2018, on recensait en France 1557 éditeurs proposant un catalogue numérique, pour un total de près de 330 000 livres numériques commercialisés. Les ventes de livres numériques représentaient près de 213 M€ de chiffres d’affaires, soit 8% du total des ventes de livres. Vous me direz, à juste titre, que l’industrie du livre numérique ne pèse pas lourd, mais il faut savoir que ce chiffre a augmenté de 5 % entre 2017 et 2018, les ouvrages professionnels et universitaires se partageant la plus grosse part du gâteau (74 % des ventes). En comparaison, les ventes de livres imprimés ont baissé de plus de 5 % entre 2017 et 2018, les livres de poche limitant la casse avec une baisse infime sur la même période (0,68%).

Une statistique intéressante : parmi les ventes de livres numériques, celles à l’unité représentent plus de la moitié des ventes, tandis que l’autre moitié est constituée des ventes d’abonnements et d’utilisation de contenus.

Et l’auto-édition dans tout ça ?

Le marché de l’édition est en pleine transformation, du fait de la digitalisation des métiers, certes, mais aussi parce que les Français sont toujours plus nombreux à vouloir publier leur manuscrit (plus de 2,5 millions en 2018) et que les grands acteurs du marché laissent peu de place aux éditeurs indépendants. Les structures les plus fragiles ferment leurs portes et les auteurs, toujours plus nombreux, peinent de plus en plus à trouver une maison d’édition à compte d’éditeur (seulement 1 auteur sur 5000 est retenu dans les grandes maisons).

Malgré des statistiques assez floues, on sait qu’en 2017, l’autoédition, l’impression à la demande et le compte d’auteur représentaient près de 20 % du dépôt légal des titres imprimés en France (1 livre sur 5) selon la Bibliothèque nationale (BnF), contre 10 % en 2010. L’autoédition représente 6 % du total de livres commercialisés, mais ce chiffre monte à 45% concernant les primo-déposants, contre 38 % l’année précédente. 41 % des livres reçus par la BnF relevaient de la fiction, avec 20 % de romans, suivi de 9 % de littérature jeunesse, 5,5 % de bande dessinée, puis 4 % de poésie et 1 % de théâtre.

À titre de comparaison, plus d’un million de titres étaient autoédités en 2017 aux Etats-Unis, soit une hausse de 28 % par rapport à l’année précédente (contre seulement 8% l’année précédente). Amazon dominait l’autoédition du livre papier avec 501 043 ouvrages, contre 41 907 pour son premier concurrent, Lulu.com.

La hausse exponentielle des titres auto-publiés outre-Atlantique laisse présager du virage attendu en France lors des prochaines années.

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