Idées reçues farfelues sur l’autoédition

L’autoédition n’a pas toujours bonne presse, c’est un fait. Les causes sont multiples. Déjà, c’est une pratique récente qui se démocratise depuis quelques années seulement ; elle est encore mal connue du grand public. En outre, certains professionnels pensent qu’elle peut faire de l’ombre à l’édition « traditionnelle », à tort puisque ces voies sont complémentaires. Enfin, quelques auteurs, déçus de ne pas transformer leur livre autoédité en bestseller, comblent leur frustration à leur manière. Dans cet article, je vais essayer de démêler le vrai du faux en vous révélant avec dérision quelles sont les idées reçues les plus farfelues sur l’autoédition.

Autoéditer son livre empêche de le publier plus tard chez Gallimard

Faux, c’est même l’inverse ! Vous savez quel est le meilleur moyen de retenir l’attention d’un éditeur à compte d’éditeur ? Ce n’est pas la qualité d’un livre mais son potentiel commercial ! Je vous entends grincer des dents « abaisser la littérature à une démarche mercantile, c’est l’œuvre du démon… Grrrr… » Navré de vous décevoir mais l’édition reste une industrie. Comme toute industrie, elle doit être rentable, pour ne pas dire rapporter gros. Un éditeur se fiche du contenu du livre pourvu qu’il lui permette de couvrir ses frais de fonctionnement. Si le livre est bon, c’est la cerise sur le gâteau. L’éditeur mettra tous les ingrédients pour publier un livre de qualité mais dans l’unique but, légitime, de générer des bénéfices. Vous l’aurez compris, pour attirer l’attention d’un éditeur, il faut lui prouver que votre livre peut rapporter gros. Et si votre livre autoédité rencontre du succès, vous posséderez une preuve absolue : les éditeurs se presseront devant votre porte.

Seuls les auteurs refusés par les maisons d’édition optent pour l’autoédition

Faux. Il existe trois manières de publier son livre : l’édition à compte d’éditeur, l’édition à compte d’auteur et l’autoédition. Chacune possède ses propres règles mais toutes tendent vers un objectif commun : proposer des écrits au plus grand nombre de lecteurs. Si l’édition à compte d’éditeur reste dans l’imaginaire collectif le graal absolu, l’édition à compte d’auteur traîne l’image d’une voie dédiée aux plus riches et l’autoédition celle d’une voie de garage.

N’en déplaise à certains, l’autoédition est actuellement une voie privilégiée par les auteurs et elle le sera plus encore dans les années à venir. Pour sa simplicité et sa rapidité à mettre en œuvre, évidemment, mais aussi parce qu’elle offre une liberté totale d’action et permet de toucher plus de royalties sur les ventes. De fait, de nombreux auteurs font le choix spontané d’autoéditer leur livre plutôt que de chercher un éditeur. Ceux-là ne souhaitent pas perdre leur temps en recherches vaines ; ils ont à l’esprit qu’un seul auteur sur cinq mille atteint ce graal tant convoité.

Il faut être ingénieur en informatique pour autoéditer son livre

Faux. Autoéditer un livre aujourd’hui est aussi simple que faire ses courses en ligne ! Certes, il faut avoir une certaine sensibilité avec Internet et les réseaux sociaux. Tout le monde n’a pas non plus la capacité de cerner en deux minutes les systèmes de publication proposés par les GAFA. Mais il existe également d’autres plateformes d’autoédition claires et intuitives, moins clinquantes, certes, mais tout aussi efficaces. Et quand bien même ces plateformes internet vous effraieraient, autoéditer son livre peut se faire de manière plus traditionnelle, en choisissant votre propre imprimeur et en le diffusant uniquement dans les librairies de quartiers et enseignes culturelles de votre choix. Autoédition ne rime pas qu’avec Internet et ingénierie informatique !

On n’a aucune chance de vendre ses livres en les autoéditant

Faux. Vous avez certainement eu vent des success story d’auteurs autoédités écoulant leurs livres à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’exemplaires ? Ces histoires sont réelles même si elles ne concernent qu’une minorité d’auteurs autoédités. De manière plus raisonnable, en faisant correctement la promotion de votre livre autour de vous (familles, amis, collègues et connaissances), vous pouvez déjà espérer en vendre quelques centaines. Si votre livre est bon le bouche-à-oreille fera son œuvre, vous permettant de toucher les amis de vos amis, voire les amis, des amis, des amis de vos amis. Vous me suivez ? Il va sans dire que, si vous possédez une communauté bien garnie (je m’adresse là aux blogueurs, aux spécialistes reconnus dans leur domaine d’activité, aux chroniqueurs, aux vedettes des arts, des loisirs, des sports, aux instagrammeurs et aux personnalités publiques), vous pouvez tabler sur des ventes bien plus élevées.

Les livres autoédités sont nuls !

Faux car la qualité est souvent au rendez-vous ! Elle peut même surprendre au premier abord. Évidemment, sachant que n’importe quel auteur peut autoéditer son livre, vous pouvez tomber sur des histoires à dormir debout, des couvertures kitsch à souhait, des intrigues mal menées, des personnages sans épaisseur, des fautes d’orthographe à la pelle et des mises en page bâclées. Reste qu’un auteur autoédité sait que, pour trouver son public, un livre doit plaire. Alors il travaille souvent d’arrache-pied pour écrire une histoire cohérente, réaliser une couverture attractive, définir une intrigue bien ficelée, construire des personnages attachants, corriger son texte de fond en comble et respecter les normes de mise en page. Le résultat est souvent à la hauteur. Ne pensez pas que seuls les auteurs publiés chez les ténors de l’édition publient de bons livres. Ceux-là sont mis sur le devant de la scène mais leurs écrits peuvent être médiocres ; ils ont simplement eu un soupçon de chance supplémentaire. Comprenez ceci : ce n’est pas parce qu’un livre s’affiche dans le métro et sous les abribus qu’il est bon et ce n’est pas parce qu’un auteur autoédité inconnu sort un livre qu’il est nul. Les auteurs autoédités talentueux se comptent par milliers. Leurs livres offrent de belles expériences de lecture. Lisez-les pour voir et nous en reparlerons.

Autoéditer coûte le prix d’une voiture

Faux. Quoi que… si la voiture en question est une épave, ça se discute. L’autoédition peut se révéler gratuite, selon les plateformes de publication retenue, ou représenter un véritable investissement. Un grand écart difficile à envisager sans se poser les bonnes questions et avoir arrêté ses choix. Pour faire simple, si vous êtes autodidacte et capable de faire tout vous-même, l’autoédition sera gratuite ou presque. Si vous souhaitez déléguer certaines tâches comme les corrections, la mise en page ou la création de couvertures, il faudra prendre les services d’un prestataire. Ensuite, si vous souhaitez imprimer des exemplaires de votre livre, il faudra nécessairement passer par imprimeur. Si vous souhaitez le distribuer dans le plus grand nombre de points de vente possible, vous devrez rémunérer des distributeurs. Enfin, si vous souhaitez confier la réalisation de votre site web à un tiers, vous paierez un développeur ou une agence. Au final, si vous déléguez l’intégralité de la direction d’ouvrage, du processus de publication et des outils de promotion, la note grimpera mécaniquement, mais vous resterez très loin des tarifs d’une voiture neuve. Pour réduire la note et n’avoir qu’un seul interlocuteur durant toutes les étapes de votre projet d’autoédition, vous pouvez confier tout ou partie de ces tâches à un partenaire de confiance comme youStory.

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