Interview Stéphane Aucante, auteur youStory

Stéphane Aucante a été l’un des premiers auteurs publiés par youStory avec son recueil de poèmes intitulé « Poésons! ». Ensuite, il a été l’instigateur d’une superbe initiative lors de la crise sanitaire qui a touché la France au printemps 2020 : un « polar exquis » écrit par 43 auteurs et édité par notre équipe. Aujourd’hui, il répond à nos questions en exclusivité.

Comment es-tu devenu auteur ?

J’écris depuis que je suis gamin. Un moment, j’ai même gagné ma vie en écrivant pour la télévision. Mais je considère être devenu auteur pendant mes trois années passées en Palestine où j’ai dirigé, de 2015 à 2018, l’Institut français de Naplouse. La force de ce que j’ai vécu dans les territoires occupés palestiniennes m’a amené à me dire que je ne pouvais pas ne pas écrire sur ce que je ressentais et surtout sur les histoires individuelles ou communautaires (celle de la ville de Hébron par exemple) que je croisais. J’ai donc décidé d’écrire mon premier livre, « Naplouse, Palestine – Portraits d’une occupation » puis de tout faire pour qu’il soit édité ; car je voulais à tout prix témoigner.

Comment tu définirais ton style littéraire ?

Difficile de parler de soi et de son travail de cette manière, on est forcément peu objectif… Si j’ai un style, je crois qu’il a à voir avec une recherche de la proximité avec les personnages et une volonté de créer des images immersives (je ne suis pas cinéphile pour rien). Et de fait, essayant ainsi d’être au plus près de l’humain et du terrien, j’ai bien peur que mon style soit de l’adapter aux personnages que je suis et à leur environnement. Si un personnage est un intellectuel torturé, je vais écrire dans un style ample et bousculé (phrases longues, avec incises, parenthèses, etc.). A l’inverse, si mon personnage est une âme simple, alors je vais écrire des phrases courtes, sans doute pauvres en mots riches. Dans tous les cas, je crois aussi que je cherche à rendre compte de la poésie des personnages et des lieux.

Quels sont les auteurs qui t’inspirent ?

Je lis beaucoup et depuis longtemps (vu mon âge), donc pas simple de répondre à cette question. Parmi les grands classiques, je dirais Racine et Laclos par exemple. Au 19ème, Mallarmé, Balzac, Zola, Hugo. Au 20ème, Proust et Céline, définitivement, sans oublier Giraudoux pour son théâtre (j’aime moins ses romans et autres textes). Et pour ce qui est du début de notre siècle, j’aime beaucoup Vargas, je pense que Lemaître est en train de devenir un très grand auteur, et je suis assez fan de tous les auteurs de polar d’Europe du Nord.

Que penses-tu de l’autoédition ?

J’ai longtemps hésité, j’ai pris plusieurs contacts et, mis en confiance par le dirigeant de youStory, j’ai « craqué ». J’ai vu en effet dans l’auto-édition la possibilité de raccourcir énormément les délais d’édition des livres (ce qui peut être important quand on traite, par exemple, d’un sujet d’actualité) et surtout de maîtriser une grande partie de la chaîne du livre. Ainsi, si un livre auto-édité ne marche pas, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même ! (rires)

Comment as-tu connu youStory ?

Un peu par hasard, je me suis retrouvé à dialoguer avec l’animateur de la page Instagram de la plateforme. La démarche m’a plu car elle a été plus chaleureuse et informative que purement commerciale, impression confirmée par mes contacts à suivre, par téléphone ou par mail.

Quels livres as-tu publiés avec youStory ?

A ce jour, j’ai publié deux livres chez youStory. Le premier, ce fut une autre collective, un « cadavre exquis en temps de confinement » écrit à 43 paires de mains (et vraiment, pour ce type de projet très atypique, l’auto-édition me paraît parfaitement adaptée). Il s’intitule Des vies à usage unique. Puis, comme tout se passait bien autour de ce premier projet avec youStory, j’ai édité uniquement au format e-book l’un de mes précédents livres qui n’existait jusqu’alors qu’au format papier, Poésons ! , un recueil de chansons poétiques. Je crois que j’en ai vendu peu pour l’instant mais cela a redonné de la visibilité à ce livre « de niche ».

Quel sera le sujet de ton prochain livre ?

Depuis que j’écris, j’ai toujours du mal à avoir un seul projet en tête et au bout de mon clavier d’ordi, comme si écrire amenait forcément à écrire plus. Ce fut le cas en Palestine où, en même temps que j’écrivais mes « portraits d’une occupation » (donc une forme assez documentaire) j’ai pris beaucoup de notes pour une pure fiction qui se passerait au même endroit ; une forme polar même. En ce moment, j’ai sous le coude une courte fiction autour d’une vieille dame en EHPAD, atteinte d’Alzheimer, et qui « subit » le premier confinement, et je commence à travailler sur un roman plus long (pour lequel j’ai eu une bourse d’écriture) qui suit le parcours de deux amis, un homme, une femme, à travers les années Mitterrand. Ça me peut paraître très éloigné, mais dans les deux cas, ce qui compte, c’est bien l’humain.

Si tu devais résumer youStory en 3 mots ?

Sens de l’écoute, bienveillance et réactivité.

Tu conseillerais youStory à d’autres auteurs ?

Oui, absolument, et d’ailleurs, je l’ai déjà fait, pour l’édition d’un livre et tout ce qui peut s’en suivre, mais aussi pour les services plus ponctuels que youStory peut rendre (très bien) aux auteurs en termes de communication et de promotion par exemple.

L’interview intégrale en vidéo

Combien ça coûte d’auto-éditer un livre ? Suite.

18 novembre 2020

Statut juridique et fiscal des auteurs autoédités : quel chemin emprunter ?

18 novembre 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *